Toulouse, France, 21 janvier 2026 – Malgré l’amorce d’une phase La Niña, généralement associée à un effet de refroidissement à l’échelle mondiale, l’année 2025 figure parmi les trois années les plus chaudes jamais observées pour l’ océan global, selon les analyses de Mercator Ocean International.
Dans le prolongement des récentes conclusions sur le climat confirmant que 2025 compte parmi les années les plus chaudes jamais enregistrées à l’échelle planétaire, Mercator Ocean International, l’entité chargée de l’exploitation du service Copernicus Marine de l’UE, met en évidence le maintien de températures océaniques exceptionnellement élevées tout au long de l’année. 2025 s’impose ainsi comme l’année la plus chaude jamais observée pour l’océan dans des conditions actuelles de La Niña depuis le début des observations en 1993.
Ces résultats s’appuient sur les systèmes opérationnels de prévision océanique de Mercator Ocean, qui fournissent des analyses détaillées sur l’état de l’océan à l’échelle mondiale.
Récapitulatif des chiffres clés pour 2025
- Température de surface de l’océan global (SST) : 20,80 ± 0,12 °C, 2025, 3ᵉ année la plus chaude depuis le début des relevés. 81 % de l’océan au-dessus de la moyenne des températures.
- La Niña : 2025 est l’année La Niña la plus chaude jamais enregistrée.
- Atlantique Nord : SST moyenne 22,42 ± 0,18 °C; 2025, 6ᵉ année la plus chaude sur 33 ans ; 69 % du bassin dans les 10 années les plus chaudes.
- Méditerranée : SST moyenne 21,21 ± 0,07 °C; 2025, 2ᵉ année la plus chaude ; 98 % du bassin au-dessus de la moyenne, dont 25 % au moins 1°C au-dessus.
- Canicules marines : 89 % de l’océan mondial affecté ; 97 % de l’Atlantique Nord et 99,6 % de la Méditerranée. Juin 2025 en Méditerranée : 64 % du bassin simultanément impacté, un record pour un mois de juin.
- Glace de mer : l’étendue de la glace de mer est restée inférieure à la moyenne de long terme dans l’Arctique et l’Antarctique ; un minimum record a été atteint en Arctique en décembre, tandis que la banquise antarctique hivernale figure parmi les plus faibles jamais observées.
Températures quotidiennes moyennes à la surface de la mer pour l’ensemble des océans (entre 60°S et 60°N) entre 1991 et 2025. Données : Initiative sur le changement climatique de l’ESA/GLO12. Crédit : Copernicus Marine Service/Mercator Océan International.
La chaleur contenue dans les océans atteint un nouveau record
« En 2025, la chaleur contenue dans l’océan a atteint son niveau le plus élevé jamais enregistré, confirmant l’accumulation continue de chaleur liée au réchauffement climatique »,, a déclaré Karina Von Schuckmann, conseillère principale chez Mercator Ocean et co-auteure d’une nouvelle étude internationale sur le contenu thermique de l’océan .
« Même si les températures de surface ont légèrement baissé par rapport à 2023 et 2024, la chaleur stockée dans les 2 000 premiers mètres de l’océan a atteint un nouveau record. Le contenu thermique de l’océan constitue un indicateur fiable du changement climatique, en capturant la chaleur accumulée à la surface comme en profondeur. »
Les températures de surface restent parmi les plus élevées jamais enregistrées
En 2025, la température moyenne mondiale à la surface de la mer (entre 60°S et 60°N) a atteint 20,80 ± 0,12 °C, se classant au troisième rang des années les plus chaudes depuis le début des relevés, après 2023 (deuxième année la plus chaude) et 2024 (année la plus chaude).
Dans l’ensemble, 81% de l’océan a connu des températures de surface supérieures à la moyenne. Certaines régions ont été particulièrement touchées, notamment l’est de l’Atlantique Nord, certaines parties de l’océan Austral (entre l’Afrique du Sud et l’Australie) et l’ouest du Pacifique.
Faits marquants par région – Europe
Atlantique Nord (entre 0°N and 60°N)
- Température moyenne de la surface de la mer : 22,42 ± 0,18 °C, sixième année la plus chaude des 33 dernières années.
- 2025 a été l’une des trois années les plus chaudes pour près d’un quart du bassin (23 %).
- Des températures moyennes annuelles record ont été observées dans le golfe du Mexique, ainsi que dans la partie orientale du golfe de Gascogne et autour des îles Britanniques.
- Ces régions ont également enregistré de multiples records mensuels tout au long de l’année (jusqu’à 6 à 8 records mensuels pour une grande partie du golfe de Gascogne)
Mer Méditerranée
- Température moyenne de la surface de la mer : 21,21 ± 0,07 °C, ce qui fait de 2025 la deuxième année la plus chaude après 2024 (21,32 ± 0,14 °C).
- 98 % du bassin a enregistré des températures supérieures à la moyenne, 25 % du bassin atteignant au moins 1 °C au-dessus de la moyenne.
Anomalies annuelles de la température de surface de la mer par rapport à la moyenne à long terme (1993-2022) en mer Méditerranée. Données : GLO12, GLORYS12. Crédit : Copernicus Marine Service/Mercator Océan International.
L’année La Niña la plus chaude jamais enregistrée
Les températures de surface de la mer dans le centre de l’océan Pacifique équatorial ont été inférieures à la moyenne de plus de 0,5 °C entre août et décembre 2025, signalant le début d’un épisode La Niña, la phase froide du phénomène El Niño-Oscillation australe (ENSO).
Malgré cet effet naturel de refroidissement, l’année 2025 a été en moyenne plus chaude que les années 2015 et 2016, marquées par un El Niño particulièrement intense. Ce paradoxe apparent s’explique principalement par la hausse à long terme des températures de surface de l’océan liée au changement climatique induit par l’activité humaine (OMM ; GIEC AR6).
« Bien qu’il s’agisse d’une année La Niña, 2025 figure parmi les trois années les plus chaudes jamais enregistrées. Ce qui était considéré comme « chaud » il y a dix ans correspond aujourd’hui à la nouvelle norme climatique, illustrant encore l’augmentation durable des températures de surface de la mer, », a déclaré Romain Bourdalle-Badie, océanographe chez Mercator Ocean.
Température moyenne de surface de la mer par an depuis 1993 (ligne noire) et durée des phénomènes El Niño et La Niña (barres rouges et bleues respectivement). Les valeurs annuelles de la température de la surface de la mer sont représentées au milieu de l’année (juin) afin d’être alignées visuellement avec l’indice ENSO mensuel. Données : GLO12/ OSTIA/ODYSSEEA/ OISST/ Nino 3.4 Série chronologique de la température de la surface de la mer. Source : Copernicus Marine Service/Mercator Océan International
Les vagues de chaleur marines ont touché la majeure partie de l’océan
En 2025, 89 % de l’océan mondial (entre 60°S et 60°N) a été affecté par au moins une vague de chaleur marine, ce qui en fait la sixième plus grande étendue jamais enregistrée depuis 1993. Plus de la moitié de l’océan mondial (55 %) a connu des vagues de chaleur marines intenses, classées comme fortes, sévères ou extrêmes.
Faits marquants par région – Europe
Atlantique Nord
- 97 % du bassina été touché par des vagues de chaleur marines, soit la troisième plus grande étendue jamais enregistrée.
- Des événements intenses ont couvert 63 % de la région.
Mer Méditerranée
- L’ensemble de la mer Méditerranée a été touché par une vague de chaleur marine en 2025 (99,6 %).
- 93 % du bassin a été touché par des vagues de chaleur marines intenses, se classant au troisième rang après 2023 et 2024.
- Juin 2025 : 64 % de la Méditerranée a été touchée simultanément – un record pour le mois de juin dans le bassin.
« En 2025, les côtes européennes ont été confrontées à des températures extrêmes à la surface de la mer, avec des vagues de chaleur marines intenses touchant la quasi-totalité de la mer Méditerranée et des événements de longue durée le long de la côte atlantique. Au cours des trois dernières années, ces événements prolongés et exceptionnellement chauds ont atteint des niveaux sans précédent, augmentant le risque pour les écosystèmes marins. », a déclaré Simon van Gennip, océanographe à Mercator Océan International.
La glace de mer reste inférieure à la moyenne dans les deux hémisphères
En 2025, l’étendue de la glace de mer, tant dans l’Arctique que dans l’Antarctique, est restée nettement inférieure à la moyenne à long terme (1993-2010). Sur 12 mois, 11 ont enregistré l’une des cinq étendues les plus faibles jamais observées à l’échelle mondiale.
Dans l’Arctique, la formation de la glace de mer a été retardée. En novembre, les températures de surface de la mer ont dépassé de plus de 2 °C la moyenne dans des régions comme la mer de Barents et la mer de Kara, entraînant en décembre un record de faible étendue de glace. Ces relevés confirment le réchauffement rapide en cours dans la région.
En Antarctique, la formation de glace de mer a également été retardée sur de vastes zones , en particulier dans le secteur de l’océan Indien. Des pertes significatives de glace de mer ont été observées même pendant la période d’extension maximale. L’étendue de la glace de mer est ainsi restée largement inférieure à la moyenne pendant la majeure partie de l’hiver, de juin à octobre, suivant de près les tendances observées en 2023 et 2024.« Le réchauffement continu de la planète et des océans a un impact direct sur la banquise polaire. En 2025, presque toute l’année a été parmi les plus faibles jamais enregistrées, avec un record en Arctique pour le mois de décembre et l’une des valeurs hivernales les plus basses en Antarctique. Les régions polaires restent des indicateurs majeurs de changements profonds et durables »Gilles Garric, océanographe polaire chez Mercator Ocean.
Anomalies moyennes de la température de surface de la mer dans la région arctique pour novembre 2025 et étendue de la glace de mer (en blanc) pour novembre 2025. La climatologie pour novembre (1993-2010) est représentée par la ligne noire. Données : GLO12/GLORYS12. Crédit : Copernicus Marine Service / Mercator Océan International
A propos de Mercator Océan International – Mercator Océan International est l’un des principaux centres mondiaux de prévision océanique et un pilier essentiel de l’infrastructure océanique numérique européenne. Entité mandatée par la Commission européenne pour le Service Copernicus Marine, elle fournit gratuitement et en libre accès des données et des prévisions océaniques à titre de service public aux gouvernements, autorités, scientifiques et utilisateurs stratégiques du monde entier. Mercator Océan dirige également le développement du Jumeau Numérique européen de l’océan, une initiative européenne phare développée avec des partenaires sous la direction de la Commission européenne afin de soutenir la prise de décision océanographique basée sur des scénarios. En 2025, Mercator Océan a franchi une étape importante vers son statut d’organisation internationale, avec l’adhésion de douze pays européens à la convention internationale établissant le Mercator International Centre for the Ocean. www.mercator-ocean.fr
A propos du Copernicus Marine Service – Le Service Copernicus Marine est l’un des six services de Copernicus, le programme d’observation de la Terre de l’Union européenne. Ce service, qui assure l’analyse et la prévision océaniques, est financé par l’Union européenne. Le Service Copernicus Marine fournit des informations de référence régulières et systématiques sur l’océan bleu (physique), blanc (glace de mer) et vert (biogéochimique et biologique) à l’échelle mondiale et européenne. Ses données et ses produits soutiennent les politiques clés de l’UE et internationales, contribuant ainsi aux efforts en matière de réduction de la pollution, de protection marine, de sécurité et de routage maritimes, de gestion durable des ressources, d’énergie marine renouvelable, de croissance bleue, de surveillance du climat et de prévisions météorologiques. Le service vise également à sensibiliser le public en fournissant aux citoyens européens et du monde entier des informations accessibles sur les questions océaniques.