Mercator Ocean Bulletin: Vagues de Chaleur Marine au 13 février

Les océanographes de Mercator Ocean International (MOi) examinent les vagues de chaleur marine à travers l’océan mondial. Ils analysent une variété d’ensembles de données allant des analyses d’observation (cartes de température de surface de la mer par satellite) aux analyses de modèles (assimilant les observations par satellite et in situ) et aux prévisions de modèles.[1]

Bilan pour le 13 février

Catégories de vagues de chaleur marine

Figure 1:  Carte des catégories de vagues de chaleur marine pour le 13 février 2024 pour l’ensemble de l’océan mondial. Analyse GLO12. Source: Mercator Ocean International 
Atlantique Nord

Sud-ouest de la péninsule ibérique et cote marocaine – catégories modérées et fortes, et localement sévères.

Golfe de Gascogne – modérées à fortes

Mer Mediterranée

Zone occidental méditerranéen avec des catégories modérées majoritairement et localement sévères. Dans la partie orientale la situation reste stable  avec des catégories modérées à fortes.

Atlantique Tropical Nord

La canicule marine détectée au centre du bassin s’intensifie.

Mer des Caraïbes – reduction d’intensité de niveau fort à modéré.

Atlantique Tropical Sud

Brésil et la Namibie – Diminuition d’intensité, passant de catégorie forte à modérée.

Océan Austral au large de l’Afrique du Sud (30°W et 30°E) – S’intensifie légèrement, avec majoritairement des catégories modérées et fortes.

Pacifique Tropical

Pacifique Este – Dans l’Est – La canicule marine liée à la formation d’El Niño reste majoritairement stable avec des catégories de niveau modérée à fort.

Pacifique Ouest (150 et 180°W) – La canicule marine s’atténue.

Pacifique Sud, à l’Est de Nouvelle Zélande – La canicule marine s’atténue avec des catégories modérées majoritairement.

Océan Indien

Mer d’Arabie – les canicules marines présentes en mer d’Arabie, au large de la corne de l’Afrique, à l’est de Madagascar et au large du golfe du Bengale diminuent en intensité, avec des catégories majoritairement modérées.

Ouest de l’Indonésie – l’intensité de la canicule marine présente augmente, avec plus de zones en catégorie forte.

Anomalies hebdomadaires de température

Atlantique Nord – 1°C et 2°C

Mer Méditerranée – 1°C à 2°C localement

Atlantique Tropical Nord – 1°C et 2.5°C

Atlantique Tropical Sud – 1°C et 2°C

Atlantique Sud – 1°C à 3°C

Pacifique Tropical – 1.5°C et 3°C

Pacifique Sud -1.5 °C et 3°C

Ocean Indien – 1°C et 2°C

Prévisions pour le 20 février

Figure 2: Carte d’anomalies hebdomadaires de température de surface pour la semaine du 13 au 20 février 2024 pour l’ensemble de l’océan mondial. Analyse GLO12. Source: Système de prévision de Mercator Océan International

Zone Europe

Atlantique Nord – Le système de prévision de Mercator Océan International (MOI) prévoit que la canicule s’intensifie sur la façade Nord-Est Atlantique, avec plus de zones en catégorie modérée, et plus de catégories fortes dans le golfe de Gascogne.

Mer Mediterranée – La prévision annonce que la situation reste stable avec principalement des catégories modérées et fortes, et localement sévères.

Zone Globale

Atlantique Tropical Nord – La canicule marine présente dans l’Atlantique Tropical Nord s’intensifie légèrement au centre du bassin. La canicule marine en mer des Caraïbes diminue en intensité, passant globalement de niveau fort à modéré.

Atlantique Tropical Sud – L’intensité de la canicule marine située entre la Namibie et la pointe du Brésil augmente à proximité de l’équateur, avec localement des catégories sévères à extrêmes. La canicule marine présente dans l’océan Austral au sud-ouest de l’Afrique du Sud (entre 30°W et 30°E) reste stable.

Atlantique Sud – La canicule marine présente dans l’océan Austral au sud-ouest de l’Afrique du Sud (entre 30°W et 30°E) reste stable.

Pacifique Tropical– La  superficie  des catégories modérées à fortes augmente légèrement.

Pacifique Tropical Sud – La canicule marine présente à l’est de la Nouvelle Zélande s’intensifie avec des catégories modérées à fortes.

Ocean Indien – Les canicules marines présentes en mer d’Arabie, au large de la corne de l’Afrique et à l’est de Madagascar restent stables. La canicule marine présente à l’ouest de l’Indonésie, augmente en superficie avec des catégories globalement modérées à fortes.


Qu’est-ce qu’une vague de chaleur marine?

Les vagues de chaleur marine sont des hausses extrêmes de la température de l’océan pendant une période prolongée. Elles peuvent se produire à différents endroits de l’océan, et leur ampleur et leur fréquence ont augmenté au cours des deux dernières décennies, ce qui a eu des effets néfastes sur les écosystèmes et les activités humaines. Selon le dernier rapport publié par le groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC AR6 SYR), on estime avec un degré de confiance élevé qu’à court terme, avec un réchauffement planétaire de 1,5 °C, la fréquence croissante des vagues de chaleur marine augmentera les risques de perte de biodiversité dans les océans, notamment en raison d’événements de mortalité massive.[2]

Comment sont calculées les vagues de chaleur marine ? 

Une vague de chaleur marine est un épisode de chaleur durant lequel la température est nettement supérieure à la normale pendant un minimum de 5 jours consécutifs. 

Figure adaptée de Hobday et al. (2018)

La normale est définie journalièrement selon une période climatique suffisamment longue (ici 1993-2016). Ainsi, Pour un endroit et un jour donné, connaissant toutes les températures de surface observées sur les 30 dernières années, on qualifie une situation de vague de chaleur lorsque la température mesurée est comprise dans les 10% des valeurs maximales observées (c’est à dire au-dessus du 90ème quantile, voir schéma), et cela au moins 5 jours de suite.     

Les caractéristiques principales des vagues de chaleur sont sa durée et son intensité. L’intensité pour un jour donné correspond à la valeur en degré au-dessus du 90ème quantile (flèche bleue), nous pouvons soit calculer l’intensité cumulée pendant toute l’évènement de chaleur, ou relever l’intensité maximale.

Les vagues de chaleur sont catégorisées à partir de leur écart à la température moyenne ou anomalie (flèche verte) : un écart supérieur à 2 fois l’écart entre le 90ème quantile et la moyenne correspond à une vague de chaleur de catégorie forte ; un écart supérieur à 3 fois, de catégorie sévère ; et un écart supérieur à 4 fois de catégorie extrême.  


[1] Analyse des cartes d’analyse de SST OSTIA (Copernicus Marine Service), OISST (NOAA), GLO12 (Copernicus Marine Service / Mercator Ocean International), PSY4 (Copernicus Marine Service / Mercator Ocean International), et de prévision GLO12 et PSY4

[2] IPCC AR6 SYR chapter 4.3 https://www.ipcc.ch/report/ar6/syr/downloads/report/IPCC_AR6_SYR_LongerReport.pdf

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